6 émotions qui diffèrent absolument selon les cultures
par Adriana Stein
January 04, 2021

Les émotions sont un concept difficile à catégoriser car elles varient énormément d’une personne à une autre. Néanmoins, il y a tout de même des similarités dans la manière d’exprimer nos émotions selon notre culture. Que cela vienne de l’expérience de la personne ou de la nouvelle culture qu’elle a adoptée. Quel que soit le cas, il n’y a pas une seule manière d’être heureux, triste, gêné ou tout autre émotion humaine.

Les émotions sont-elles les mêmes dans chaque culture ?

Les experts en la matière définissent une culture universelle comme “tout ce qui existe de manière commune dans chaque culture humaine sur la planète mais qui varie de l’une à l’autre, telles que les valeurs ou les attitudes”, ce qui réfère aux aspects culturels comme les traditions, les langues, les expressions, la nourriture, le mariage, l’art, la musique, les blagues, les sports et bien d’autres choses.

À la question, est-ce que les émotions sont culturellement universelles, la réponse est oui. Le fait qu’en tant qu’humains, nous ayons des émotions fait partie de la culture universelle. C’est même ce qui nous rend humains. Mais la manière dont nous exprimons ces émotions dépend de notre contexte culturel et des éléments culturels qui nous entourent.

6 émotions qui varient dans différentes cultures

1. L’appréciation

La façon dont nous exprimons l’appréciation ou montrons du respect envers les autres varie largement suivant les cultures. Un exemple est lorsque nous offrons des cadeaux. Dans beaucoup de cultures occidentales, il est commun d’ouvrir le cadeau devant la personne qui nous l’a offert et de montrer directement son appréciation. Nous allons même plus loin pour montrer que l’on apprécie le cadeau en remerciant le donateur même si nous n’aimons pas le cadeau.

Pour donner un exemple opposé, en Chine et au Japon, il ne faut ouvrir le cadeau qu’une fois que le donateur est parti. En Chine, il est commun de refuser le cadeau plusieurs fois avant de l’accepter, quelque chose qui serait très malpoli dans les cultures occidentales. Un autre aspect à mentionner ici est qu’en Chine et au Japon, il faut toujours accepter le cadeau avec les deux mains sinon vous paraitrez impoli.

2. L’amusement

J’ai pas mal d’expérience avec cette émotion en tant qu’expatriée en Allemagne. L’une des plus grandes différences que j’ai remarquée ici en Allemagne est la manière dont les allemands montrent leur amusement et quand ils rient. Aux États-Unis, lorsque quelqu’un fait une blague, il faut rire de tout coeur et ouvertement (surtout si vous voulez impressionner votre belle-famille). Mais en Allemagne, il est très commun pour les allemands de faire une blague, de ne pas montrer une pointe de sourire et de continuer à parler. Dans l’un de mes cours d’allemand, mon professeur a fait ça, j’ai ri à l’américaine et j’ai reçu des regards bizarres. Alors, les allemands ont tendance à garder pour eux leur amusement en comparaison avec les États-Unis.

3. La gêne

La gêne et la honte sont des éléments uniques de la culture car ils sont perçus de manière complétement opposées selon l’endroit où vous vous trouvez. Dans beaucoup de cultures occidentales, la gêne est une émotion négative et est quelque chose que l’on veut cacher. On ne veut pas créer une situation gênante et on ne veut pas non plus montrer aux autres ce qui nous gêne. On balaie ça sous le tapis aussi vite que possible.

Mais dans d’autres cultutes comme dans les pays arabes, la gêne et la honte sont des émotions perçues comme des émotions positives parce que cela veut dire que vous êtes une personne respectable. En d’autres mots, vous êtes respectable parce que vous vous sentez honteux. La gêne et la honte sont donc aussi reçues plus positivement dans ces cultures pour que, lorsque vous ressentez ces émotions, vous demandiez de l’aide aux autres au lieu de les cacher comme dans les cultures occidentales.

4. La fierté

La fierté est une émotion très complexe qui varie largement parmi les cultures et même les sous-cultures. Je peux donner un autre exemple clair entre les cultures individualistes et les cultures collectivistes. Alors que les cultures individualistes (les États-Unis, l’Allemagne, la France) se concentrent sur l’individu (être indépendant, faire les choses soi-même, faire de son succès une priorité), les cultures colletivistes (la Chine, l’Inde, le Maroc) se concentrent sur le groupe et comment les membres de ce groupe peuvent aider au développement holistique de chacun.

La manière dont la fierté est montrée sur le lieu de travail fait une grande différence. Dans les cultures individualistes, un but commun pourrait être d’augmenter son salaire et ensuite de partager fièrement ce succès avec les autres. Mais dans les cultures collectivistes, on pourrait être plus focalisé sur partager des objectifs communs plutôt qu’individuels. On pourrait percevoir de manière négative cette concentration sur son propre salaire ou le fait d’en parler car cela détourne l’attention du groupe.

5. Le chagrin

Bien que chaque culture fasse l’expérience du chagrin, la manière dont on peut l’exprimer (ou plutôt autoriser les autres à l’exprimer) a plusieurs formes. Pour donner quelques exemples différents, dans les cultures islamiques orthodoxes, le divorce est considéré comme plus traumatique que la perte d’un être cher, un concept que les cultures occidentales ne mettraient même pas dans la catégorie du chagrin. Dans les traditions européennes catholiques, le chagrin est souvent exprimé avec stoïcisme et les grands étalages d’émotion sont perçus comme négatifs, surtout pour les hommes. Mais dans les cultures africaines ou caribéennes, le chagrin est montré ouvertement et même encouragé pour les deux sexes. Plus ouvertement vous avez du chagrin, plus vous respectez le défunt.

6. La colère

Selon une étude sur les effets négatifs et positifs de la colère, cette émotion peut être perçue comme positive et négative en fonction de la culture et du contexte. Ils ont comparé les États-Unis (qui perçoit la colère négativement) avec le Japon (qui associe positivement le pouvoir avec l’expression de la colère). Aux États-Unis, la colère est considérée comme une émotion négative qui devrait être contenue. Si vous ne la controlez pas, les gens qui vous entourent peuvent remettre en question votre stabilité mentale. Mais au Japon, ceux qui ont du pouvoir sont encouragés à montrer leur colère pour représenter ce pouvoir. Si les personnes puissantes n’expriment pas leur colère, elles perdront fondamentalement leur pouvoir (ou ce sera tout du moins perçu comme tel), c’est donc pourquoi les expressions de la colère ont un effet positif non seulement pour elles-mêmes mais aussi pour ceux qui les entourent. Ici aussi, l’intonation a un grand effet sur la manière dont les affirmations de colère sont perçues.

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