Les meilleurs poèmes français pour apprendre la langue

Les meilleurs poèmes français pour apprendre la langue

Par Audrey Sivadier
Mis à jour le 13.06.2022

La poésie est un des moyens les plus profonds pour exprimer ses émotions. Alors quoi de mieux que d’utiliser le français, la langue de l’amour, pour le faire ? Vous voulez découvrir les plus beaux poèmes français pour en savoir plus sur cette langue, ou pour en réciter un à l’être aimé ? Alors, vous êtes sur le bon blog !

En route vers la maîtrise d’une langue


1. « Demain dès l’aube » de Victor Hugo

Il est considéré comme l’un des écrivains les plus importants de la littérature française. Outre les romans que le monde entier connaît (Notre-Dame de Paris ou les Misérables), il est aussi dramaturge et poète. Le poème bien connu des Français, puisqu’ils l’apprennent tous à l’école, est « Demain dès l’aube » publié en 1856. Victor Hugo l’écrit dans un contexte tragique : il vient de perdre sa fille Léopoldine. Après ce recueil, il ne produira plus aucune œuvre jusqu’à son exil. Voici le début de ce poème dédié à sa fille :

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Le poème est écrit de manière classique – en alexandrin – c’est-à-dire que tous les vers font 12 pieds (≈syllabes), et les rimes sont croisées (ou alternées).

2. « Mignonne, allons voir si la rose » de Ronsard

Retour à la Renaissance française avec Pierre de Ronsard qui écrit en 1545 « Mignonne, allons voir si la rose », un poème dédié à la fille d’un banquier italien, Cassandre, qu’il vient de rencontrer alors qu’il a 20 ans, et elle 13 ans… Ronsard décrit la jeunesse qui passe comme la vie d’une fleur. Cette réflexion sur le temps qui passe, la mort, est typique de cette époque. Voici un extrait (en français moderne) :

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait éclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée,

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vôtre pareil.

3. « Le dormeur du val » d’Arthur Rimbaud

Avançons dans le temps, jusqu’à Arthur Rimbaud où il écrit en 1870 « Le dormeur du val » un de ses poèmes les plus célèbres. En relation (interdite) avec un autre célèbre poète français, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud a 16 ans lorsqu’il écrit ceci. Le poème est remarquable dans sa maîtrise de la versification. Il s’agit d’un sonnet : un poème composé de deux quatrains (paragraphe de quatre vers) et deux tercets (paragraphes de trois vers), et les vers sont encore en alexandrin. Il y décrit admirablement un contraste terrible entre le doux paysage et la chute surprenante. Regardez par vous-même :

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

En route vers la maîtrise d’une langue

4. « Le pont Mirabeau » de Guillaume Apollinaire

Poète du XXème siècle, Guillaume Apollinaire a révolutionné la poésie française en transgressant les versifications classiques. Il est notamment l’auteur des Calligraphies, ces poèmes-dessins qui prennent la forme du thème qu’ils abordent. Le poème le plus connu d’Apollinaire est « Le pont Mirabeau », où il décrit la disparition de l’être aimé en la comparant avec la Seine, le fleuve qui coule à Paris.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Beaucoup d’artistes l’ont repris en chanson, vous pouvez écouter Serge Reggiani ou Marc Lavoine.

5. « L’Albatros » de Charles Baudelaire

Impossible de parler de poésie française sans parler de Charles Baudelaire. Contemporain d’Arthur Rimbaud, il fait partie des poètes qui se sentent maudits et déversent leur mal-être dans leur œuvre. Son poème le plus connu est « L’Albatros », où il parle de la figure du poète dans la société, mal aimé et incompris.

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.


À votre plume !

Vous connaissez maintenant les poèmes français les plus célèbres ainsi que leurs écrivains et les règles de versification classiques. Alors pourquoi ne pas vous lancer ? Et en français s’il vous plaît !

En route vers la maîtrise d’une langue


Audrey est professeure de français et professeure des écoles depuis plus de 10 ans maintenant, et une addict au fromage depuis toujours. Elle vient de l’ouest de la France, et après avoir vécu 2 ans en Espagne et 4 ans à Oxford en Angleterre, elle a posé ses valises au coeur de l’Auvergne, pays du fromage, du rugby, des pneus Michelin et d’anciens volcans (le premier de la liste étant son préféré). Elle parle français, espagnol et anglais et elle n’a pas l’intention de s’arrêter là ! Pour en savoir plus sur elle, rendez-vous sur son site web et LinkedIn.

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